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Opération séduction de la France auprès des entreprises manitobaines

2018/11/06

Une vingtaine de gens d’affaires ont assisté à une rencontre organisée par le World Trade Centre Winnipeg, où l’ambassadrice de France, Kareen Rispal, était accompagnée d’Isabelle Hudon, ambassadrice du Canada à Paris.

La diplomate française a parlé des atouts et du potentiel de son pays. « J’ai envie de dire aux entrepreneurs manitobains que la France est un pays qui change et qui est très désireux d’accueillir des investissements canadiens. La France, c’est surtout la porte d’entrée vers l’Europe, une place financière et une main-d’oeuvre très bien formée », a-t-elle souligné.

Elle a rappelé l’avantage de l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne, entente qui vise à accroître les échanges commerciaux en abolissant de nombreux droits douaniers.

Selon l’ambassadrice de France, depuis l’entrée en vigueur de l’AECG, les investissements canadiens dans son pays ont bondi de 30 %, et les exportations canadiennes vers l’Hexagone dans le secteur agroalimentaire ont augmenté de 10 %.

Faire des affaires en français

« La langue ne doit pas être un problème pour les entrepreneurs canadiens, pas plus qu’elle ne doit l’être pour les entreprises françaises qui essaient de venir au Canada », soutient Kareen Rispal. Elle affirme toutefois qu’il est plus facile de faire des affaires lorsqu’on parle la langue de son partenaire.

De son côté, Isabelle Hudon a insisté sur le fait que la France permet d’accéder au marché européen et à son demi-milliard de consommateurs. Selon elle, il est important que les investisseurs canadiens diversifient leurs marchés et ne comptent pas seulement sur les débouchés américains. « J’ose espérer qu’on a réussi à allumer quelques étincelles pour les inciter à considérer le marché français », ajoute-t-elle.

Les deux ambassadrices ont souligné quelques différences culturelles qu’il est important de connaître avant de se lancer à la conquête du marché français. « En France, pour avoir du succès en affaires, il faut savoir respecter l’autre et savoir répondre à des attentes précises d’une clientèle. C’est aussi d’avoir la curiosité et visiter souvent la France », a fait remarquer Isabelle Hudon.

Par ailleurs, les deux diplomates ont répondu à de nombreuses questions sur le respect de l’environnement, la législation du travail ou encore le système bancaire en vigueur dans l’Hexagone.

Pour Kareen Rispal, c’est mission accomplie. « Beaucoup d’entrepreneurs ont montré un intérêt pour la France et pour l’Europe. J’ai pu expliquer pourquoi l’AECG est un bon accord pour les entreprises canadiennes et françaises », conclut-elle.

Qu’en pensent les entrepreneurs manitobains?

Claude Vielfaure

Claude Vielfaure, président de l’entreprise de production porcine HyLife Photo : Radio-Canada

« La France pourrait être un gros marché pour nous, indique le président de HyLife, Claude Vielfaure. On se réjouit des accords de libre-échange avec tous les pays du monde, plus particulièrement avec l’Europe. Ça nous permettra de pouvoir vendre sur un marché où nous sommes absents pour le moment. C’est un marché que nous allons explorer à l’avenir. Le fait d’être une entreprise francophone, ça ouvre certes des portes, mais au final, c’est l’argent qui compte. »

Jean-Marc Ruest

Jean-Marc Ruest, vice-président des affaires commerciales à Richardson International, entreprise spécialisée dans l’agroalimentaire Photo : Radio-Canada

« L’AECG est un pas dans la bonne direction, affirme le vice-président aux affaires commerciales à Richardson International, Jean-Marc Ruest. Il y a des barrières non tarifaires qui continuent d’exister et qu’on doit essayer de surpasser. Nous avons différentes approches au niveau réglementaire, dans l’enregistrement de nouvelles technologies agricoles, qui font que nos produits ne sont pas toujours très bien accueillis en Europe. Il faut une meilleure synergie et une meilleure reconnaissance des enregistrements de ces technologies-là. »

Denis Tétrault

Denis Tétrault, directeur des ventes et marketing à FWS, une entreprise spécialisée dans la construction industrielle Photo : Radio-Canada

« C’est très intéressant. Je pense que c’est un début pour nous, indique pour sa part le directeur des ventes et marketing à FWS, Denis Tétrault. Nous sommes déjà présents aux États-Unis et en Asie, et on cherche continuellement à diversifier notre marché. Avoir les deux ambassadrices ici a été très instructif. On va faire plus de recherches sur le marché français. »